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Robert COUDRAY

Filmographie

Les artisans de la baie.  1978

Tous prisonniers. 1979

Bricoleur de lune. 1994

Vie au CAT. 1995

Soleil de Bretagne. 1996

Itinérance. 1997

Le secret de Mermoz. 2006

Aie/pain noir/Sève. 2007

GENESE DU PROJET

Entre le jaillissement de l'idée qui me prit dans un wagon de train au tout frais de mes 20 ans et sa concrétisation, pas mal d'éternités s'étaient déroulées. Ca donnait du sérieux et pas mal de foi pour un rêve d'avoir traversé 30 ans d'épreuves et de mûrissement et d'être encore collé aux naïves aspirations d'un créateur provincial.

 

Comme il s'agissait de cinéma, je me laissai embarquer par une histoire qui naquit au hasard d'une rencontre sur une place enneigée d'une ville du nord. Le scénario, je l'écris en 5 années d'idées amoncelées, et encore 2 mois d'extase et de peine devant un PC. Accouchement d'une frimousse gentillette et brute de poils qu'il fallut par mouture successive, confronter, dépolir, aguerrir...

     
J’ai 16 ans en 1970 quand, passionné d’image, je lis dans le magazine « Photo » un article de Claude Lelouch, racontant ses débuts difficiles de réalisateur. Je suis profondément bouleversé par ce lutteur qui prend ses rêves au sérieux et va au bout de ce à quoi il croit.

 

Deux ans plus tard, timide et boutonneux, j’entre dans une école de cinéma à Paris... Cuiseur de frites au premier Mac Do de France, gardien de nuit dans une banque, semaines inoubliables et heureuses dans la solitude d’une salle de montage au milieu des bouts de pelloche 16 mm. J'y réalise plusieurs  documentaires et conclue définitivement ma vie parisienne par « Tous prisonniers » une ode de jeunesse à la liberté.

Il y a à cette époque beaucoup de perspectives dans le domaine audio-visuel, mais moi ce qui m’intéresse alors, c’est de retrouver mes racines. C’était dit, écrit et décidé : « Je ferai du cinéma, quand j’aurai quelque chose à dire ».

 
Je deviens alors successivement tailleur de pierre, prof de techno,  carnavalier, crêpier, paysan-aubergiste, apiculteur, cidrier , sculpteur, constructeur de maisons…

Autant d’entreprises, expériences qui peu à peu développent ma capacité à mener à bien mes rêves et objectifs. J’aborde la plupart de ces métiers sans formation, ni expérience et devient relativement compétent et compétitif dans la plupart au prix fort de nombreux tâtonnements et d'échecs.

 

Parallèlement à mon travail artisanal de cidrier, j’ouvre le « Musée du Poète Ferrailleur »  Mon expérience de carnavalier débouche sur la fabrication d’automates et de sculptures animées. 15 000 personnes viennent chaque année dans notre campagne profonde visiter ce lieu .

 

Mais en arrière plan, depuis 1974, il y a cette certitude : « je ferai du cinéma ».

 

Je fabrique mes films avec de petits moyens. Ca parle toujours d'enfants, d'hommes, de femmes qui osent aller vers leur rêve et traverser l'impossible et leurs souffrances et trouvent en eux le courage de  poursuivre leur quête...

 

Mais la mienne prendra un sacré coup au moral. Je dépose plusieurs scénario au Centre National du Cinéma, au Conseil Régional de Bretagne et dans  de nombreuses sociétés de production, mais du milieu de la province et sans trop de références, vaut mieux aller à la pêche aux poissons d'avril.

Je créé alors avec ma compagne une société de production pour une autre tentative. Le CNC n'est toujours pas au rendez vous, le conseil régional, absent pour la troisième fois, le Conseil Général ne s'intéresse pas à la production cinématographique ... En fait c'est le désert !

 

Fallait-il faire le deuil ?

Le choix fut d'aller de l'avant percevant bien l'énormité de la tâche qui était devant nous.

Alors nous avons pris notre courage, notre expérience et heureusement une part d'inconscience et nous sommes partis sur le chemin de quelque part.